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15 juillet 2009 : Sassou Nguesso pronostiqué vainqueur
BRAZZAVILLE - Les Congolais devront attendre mercredi pour connaître les résultats complets provisoires de l'élection présidentielle de dimanche, qui semble assurer au chef d'Etat sortant Denis Sassou Nguesso la victoire, malgré une polémique sur la participation.

M. Sassou Nguesso, 66 ans qui en a cumulé près de 25 à la tête du pays, sollicitait un nouveau septennat face à douze adversaires, dont plusieurs ont appelé à un boycottage après avoir réclamé en vain un report du scrutin pour réviser le fichier électoral.

Les opérations de vote se sont déroulées dans le calme, de même que le dépouillement. Mais la centralisation des résultats, qui était presque terminée mardi, a été confrontée à des données manquantes, a expliqué dans la soirée à l'AFP le ministre de l'Administration du territoire, Raymond Mboulou.

"Il y a quelques bureaux de vote qui n'ont pas transmis tous leurs résultats, ils nous ont envoyé des condensés. On va voir ça cette nuit, pour tout corriger", a dit M. Mboulou, dont les services co-organisent les scrutins avec la Commission nationale d'organisation des élections (Conel).

"Les résultats seront publiés" mercredi, a-t-il assuré.

Officiellement, il y avait 2,2 millions d'électeurs -sur 3,6 millions d'habitants-, chiffre contesté par l'opposition selon laquelle le fichier électoral a été "gonflé".

La participation à la présidentielle est au centre d'une polémique entre des candidats qui ont fait état de fraudes et de forte abstention, et les autorités, qui réfutent ces allégations en revendiquant transparence et affluence.
 
10 juillet 2009 : Les priorités nationales de Denis Sassou Nguesso
Lors de sa tournée électorale, Denis Sassou Nguesso a appelé les électeurs à se rendre massivement aux urnes dimanche, se voulant rassurant sur les bonnes conditions d’application du scrutin.
Il a exprimé son plus vif souhait de mettre en pratique à l’issue de sa possible victoire électorale son grand projet politique à travers le « chemin d’avenir ».
Insistant sur les nécessités d’une mécanisation de l’agriculture pour le prochain septennat  et sur l’importance de l’emploi pour les jeunes, Denis Sassou Nguesso fait preuve d’un extraordinaire volontarisme et engagement national.
C’est au terme d’une vaste tournée de deux semaines dans l’hinterland, au total quinze localités parcourues en quatre jours que Denis Sassou Nguesso rappelle aux Congolais que « La paix et la sécurité étant désormais garanties, les conditions sont réunies pour poursuivre l’œuvre de construction nationale ».
 
10 juillet 2009 : L’effervescence politique à quelques jours de l’élection présidentielle
Candidat à sa propre succession, Denis Sassou Nguesso remet son mandat de chef d’Etat en jeu ce dimanche 12 juillet.
Au terme d’une vaste campagne d’affichages à l’effigie du président dans les rues du Congo, Denis Sassou Nguesso réservera son dernier meeting de campagne aux Brazzavillois.
C’est sur le boulevard des Armées qu’il s’adressera aux électeurs.
Du côté de l’opposition, c’est au stade sportif de Makelele, que les candidats s’exprimeront.
Parmi ses principaux rivaux s’illustrent l’ancien ministre des Finances, Mathias Dzon de l’alliance pour la République et la démocratie (ARD) et Guy Romain Kinfoussia, le président du Front uni des partis de l’opposition (FUPO).
 
7 juillet 2009 : « Le chemin d’avenir » : un projet de société prometteur
Le projet politique de Sassou Nguesso est actuellement le seul à vouloir faire du Congo un pays fort, dynamique et volontaire.
A travers les deux grands axes que sont la modernisation de l’éducation et l’industrialisation du pays, Denis Sassou NGuesso mise sur la formation des futurs cadres et ingénieurs congolais.
La réussite économique du pays est indissociable de la formation des acteurs nationaux.
L’industrialisation passe par l’éducation. L’Etat doit organiser ses cadres afin de minimiser l’interventionnisme étranger et le recours aux experts et investisseurs internationaux.
Le mérite de Denis Sassou Nguesso est de présenter une stratégie claire quant au développement économique du Congo.
Le fait de réunir dans son équipe de campagne des universitaires et des spécialistes est déjà un signe prometteur pour le destin de tous les Congolais.
 
6 juillet 2009 : 17 candidats briguent la présidence
Une trentaine d’observateurs accrédités par l’Union africaine (UA) seront présents au Congo ainsi que des superviseurs de la Francophonie pour l’élection présidentielle du 12 juillet selon le ministre des affaires étrangères Basile Ikouébé.
Le premier tour de la présidentielle va voir s’opposer 17 candidats.Parmi eux, Denis Sassou Nguesso a dirigé le pays entre 79 et 92 avant de se retirer après avoir perdu les élections de 92 et de revenir au pouvoir en 1997.
Mathias Dzon de l’alliance pour la démocratie et la République, ancien ministre des finances de Sassou sera son principal adversaire.
Parmi ses opposants figurent Ange Edouard Poungui de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale ; Guy-Romain Kimfoussia de l’Union pour la démocratie et la République ; Clément Miérassa du Parti social démocrate congolais et Nicéphone Fylla de Saint-Eudes du Parti républicain libéral.
Trois de ces dix sept candidats enregistrés ont pris part au scrutin de 2002 : Denis Sassou Nguesso, Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou et Bonaventure Mizidy (indépendants).
Le scrutin est organisé par la Commission d’organisation des élections (CONEL).
 
4 juillet 2009 : « Je n’ai rien à voir avec la Françafrique »

 

« Je n’ai rien à voir avec la Françafrique »

DENIS SASSOU NGUESSO, président du Congo

 

Revenu au pouvoir à Brazzaville en octobre 1997 après avoir présidé aux destinées du pays de 1977 à 1992 et après une deuxième guerre civile qui fera plus de 10 000 morts au Congo , Denis Sassou Nguesso est une nouvelle fois candidat à sa réélection à l’occasion du scrutin présidentiel du 12 juillet prochain.


Il vient de publier un livre d’entretiens avec Edouard Dor, « Parler vrai pour l’Afrique »*.

« C’est un des grands dirigeants de l’Afrique », dit de vous Nelson Mandela en avant-propos de votre dernier livre. Après la mort du président Omar Bongo, vous considérez-vous comme un « sage » de l’Afrique ou, du moins, comme son nouveau leader régional ?
Denis Sassou Nguesso.
Ce n’est pas à moi de le dire ! Si Nelson Mandela porte un tel jugement, c’est que je pense modestement que mon pays et ses dirigeants ont joué le rôle qui est connu en Afrique, et particulièrement en Afrique australe, pour la fin de l’apartheid. La disparition du président Bongo est une grosse perte pour l’Afrique centrale, pour le Gabon naturellement, et pourquoi pas le reste du monde. Dans toute la sous-région, la sagesse du président Bongo était bien connue, mais il ne me revient pas de m’arroger ce rôle.

N’êtes-vous pas aussi un des derniers représentants de la Françafrique ?
Je ne sais pas quel contenu on donne à cette notion de Françafrique. Au Congo, nous n’avons pas d’accord secret ou de défense avec la France. Nous avons toujours eu avec la France des relations transparentes, des relations ouvertes d’amitié et de coopération. Je n’ai rien à voir avec la Françafrique car, au Congo, nous n’avons jamais rien eu à cacher.

Nicolas Sarkozy veut tourner la page et bâtir une nouvelle relation de partenariat « gagnant-gagnant » avec l’Afrique…
Ce sont les relations que nous avons déjà eues avec la plupart des chefs d’Etat. J’ai connu les présidents Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac et aujourd’hui le président Sarkozy. Nous n’avons jamais eu de rapports conflictuels, mais toujours des rapports de respect mutuel. Le peuple congolais a reçu en ami, comme il le mérite, le président Sarkozy, qui nous a fait l’honneur d’une visite officielle en mars. Je m’honore de son amitié et nous avons des rapports amicaux et chaleureux, mais il n’y a entre nous rien à ce qui ressemblerait de près ou de loin à ce que vous appelez Françafrique.

Pourquoi êtes-vous candidat le 12 juillet ?
Après avoir ramené la paix, la stabilité et la sécurité dans le pays, après avoir remis en marche toutes les institutions du pays qui étaient à l’arrêt, rétabli les rapports du Congo avec le reste du monde et les institutions internationales, puis mis le pays sur le chemin de la croissance, nous avons pris notre décision pour poursuivre ce travail.

« Les élections sont gagnées d’avance », disait le président Bongo…
Je doute que le président Bongo ait fait une déclaration de ce genre. Paix à son âme ! Mais personnellement, je n’ai jamais connu d’élections gagnées d’avance.

De nombreux opposants contestent le déroulement de ce scrutin présidentiel, comme Ange Edouard Poungui, l’un de vos principaux adversaires, dont la candidature a été écartée…
Je ne connais pas d’adversaires principaux. Il y a dix-sept candidats retenus par la Cour constitutionnelle. Tous les partis, l’opposition, la majorité, la société civile participent à l’organisation du scrutin à tous les niveaux. Voilà la réalité.

Si vous êtes réélu, quelles seront vos priorités ?
Après avoir redonné espoir à notre peuple, nous pourrions nous engager dans les prochaines années sur les thèmes de la modernisation et de l’industrialisation du pays avec la transformation des matières premières et un vaste programme de développement de l’agriculture et de l’exploitation de nos forêts et de nos mines. Nous voulons également relancer l’industrie touristique et développer l’éco-tourisme.

Vous faites l’objet d’une action judiciaire en France pour des « biens mal acquis »…
C’est de l’acharnement honteux, mais nous sommes sereins. Il ne s’agit que d’un petit appartement de deux chambres avenue Rapp, à Paris (VII e ), que l’on présente à tort comme un hôtel particulier, et de certaines villas au Vésinet (Yvelines). Nous n’avons pas le sentiment d’avoir dévalisé le Congo.

« J’ai fait sans doute de bonnes choses, sans doute de moins bonnes… », reconnaissez-vous dans votre livre. Des entretiens que vous avez acceptés pour être compris et non jugé ?
Tellement de personnes parlent ou écrivent sur l’Afrique sans même y avoir mis les pieds. C’est donc une contribution pour faire connaître l’Afrique et le Congo. Nous sommes des politiques et cherchons c’est bien naturel à être compris. Du moins nous l’espérons.

*« Parler vrai pour l’Afrique », de Denis Sassou Nguesso, Editions Michel Lafon, 264 pages, 20 €.

Le parisien

Propos recueillis par Bruno Fanucchi | 04.07.2009, 07h00 

Article disponible ici.

 
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